Les Valeurs de JAC

Qu’est-ce que c’est, la Journée d’action communautaire?

La Journée d’action communautaire (JAC) a eu lieu pour la première fois en 2012 et est un projet annuel organisé par le bureau pour l’Équité sociale et la diversité en éducation (SEDE) à McGill.

 

Les objectifs principaux de la JAC sont de (1) souligner les connexions qui existent déjà entre le campus et la communauté, (2) offrir une chance d’améliorer ces relations et (3) de faciliter la création de nouvelles connexions entre les communautés de McGill et de Montréal. En créant un programme de projets de bénévolat et de discussions publiques d’un jour en partenariat avec des organismes communautaires à travers la ville, la JAC sert de phare pour ces organismes tout en catalysant de nouvelles initiatives d’engagement communautaire à McGill. Le principe que nous appliquons, c’est que ces activités facilitent des relations durables entre le campus et la communauté à long terme, ainsi que des projets autant à l’extérieur de la classe qu’à l’intérieur.

 

Pourquoi organiser une JAC?

Les gens perçoivent parfois McGill comme une opération qui reste dans sa « bulle », ce qui veut dire que malgré le fait que de nombreux membres de la communauté du campus s’impliquent dans des initiatives de recherche rigoureuse, de partenariat et de projets avec des communautés montréalaises, il y a une impression d’écart avec les communautés à l’extérieur des portes Roddick. En fait, il y a plusieurs initiatives entre le campus et la communauté qui démontrent que cette perception est fausse. Des membres de la communauté de McGill sont impliqués dans des initiatives à travers la ville, que ce soit du bénévolat dans des organismes communautaires, de la recherche faite en collaboration avec diverses communautés montréalaises, ou des stages qui ont lieu à travers la ville. La Journée d’action communautaire (JAC) cherche à mettre au défi et à explorer cette perception de la « bulle » de McGill tout en offrant des occasions de faire partir des connexions entre le campus et les communautés de McGill et d’approfondir ces relations à travers le temps.

 

Comment fonctionne la JAC?

Implémentée tous les ans au début du mois d’octobre, la JAC offre une variété de projets de bénévolat de groupes et de discussions publiques pendant un jour ou plus. La JAC est ouverte à toute la communauté du personnel, d’étudiants, du personnel enseignant, et de diplômés de McGill. Que le projet soit peindre une murale, préparer un repas dans un centre communautaire, ou faire part d’un atelier ou d’une discussion éducative, chaque projet de bénévolat cherche à répondre aux besoins immédiats d’organismes communautaires tout en servant d’introduction à ces organismes pour les participants de McGill. En combinaison avec une discussion de réflexion après chaque activité menée par un Animateur ou une Animatrice de projet de la JAC, les participants sont encouragés à réfléchir de façon critique aux enjeux de société que chaque organisme cherche à résoudre, ainsi que notre participation individuelle et collective à ces enjeux.

 

En plus de la JAC, de nouveaux partenariats ou des relations qui existent déjà peuvent continuer à se développer avec l’aide des conseils et des ressources du bureau SEDE, dont ses départements d’Éducation & conseils sur l’équité, d’Éducation autochtone et d’Engagement communautaire. Il y a aussi du soutien de la part des Services aux étudiants de McGill, de la Maison des Premières nations, du Bureau pour la durabilité de McGill, du Bureau du doyen des étudiants, du Projet ECOLE, du Comité d’engagement communautaire de l’AÉUM, du Quartier d’innovation, et de nombreuses autres facultés et unités de McGill qui participent aux divers efforts d’action communautaire.

 

Qui est derrière la JAC?

Tous les ans, la JAC est organisée par une équipe de coordination qui inclut le Coordonnateur ou la Coordinatrice de programme, et le Coordonnateur ou la Coordonnatrice des communications. Le département d’Engagement communautaire du bureau SEDE les soutient aussi dans leur travail. Les projets et les discussions publiques de la JAC sont développés en partenariat avec des membres de divers organismes communautaires et de départements, unités, facultés et groupes ou clubs étudiants à McGill.

 

Les Animateurs et Animatrices de projets de la JAC font des suggestions et aident l’équipe de la JAC à développer et animer un projet ou une activité de la JAC en partenariat avec un organisme communautaire et un groupe de McGill. De plus, les Animateurs et Animatrices de projet aident aussi à diriger les participants des activités, à animer la discussion de réflexion pour leur groupe et à faire un travail de suivi avec les participants de la JAC. À travers ce rôle essentiel, la JAC espère encourager les étudiants, les groupes étudiants et les membres du personnel et du corps enseignant à prendre une part active du programme en créant un projet pour la JAC en collaboration avec un ou plusieurs groupes communautaires, ce qui sert à rapprocher les communautés de McGill et de Montréal et à mieux sensibiliser les participants aux défis de société qui font des organismes sociaux un élément essentiel pour nos communautés.

 

La participation aux activités de la JAC est ouverte à tous les étudiants, membres du personnel et du corps enseignant et diplômés de McGill, et l’inscription se fait sur le site cedmcgill.com.

 

Les valeurs de la JAC :

 

Dans sa forme idéale, un projet de la JAC sert d’agent catalyseur pour des collaborations futures entre la communauté et l’université lors de la fin de cette journée. Cependant, pour que la JAC soit un outil et un moyen de connexion efficace pour nos communautés montréalaises et de Montréal, il faut poser plusieurs questions :

  • Comment la JAC peut-elle être accessible pour tout le monde?
  • Puisque nous vivons dans un système et dans une société où certains groupes de personnes ont systématiquement été désavantagés par rapport à d’autres, comment pouvons-nous nous assurer que la JAC ne reproduit pas les mêmes dynamiques oppressantes qu’elle cherche à confronter?
  • Comment est-ce que la JAC peut présenter le bénévolat comme étant quelque chose de valeur pour la personne qui y participe ainsi que pour l’organisme communautaire concerné? Comment pouvons-nous maintenir ce dialogue entre les organismes et les participants?
  • Comment est-ce que la JAC peut être un outil pour le développement personnel où un malaise avec des réalités injustes et inéquitables est acceptable?

 

Avec ces questions en tête, la JAC a six valeurs que nous respectons pour créer une culture d’engagement communautaire à McGill qui est plus équitable, mutuellement bénéfique et touchant:

 

  1. 1.      Solidarité plutôt que charité :

« Je ne crois pas à la charité. Je crois à la solidarité. La charité est tellement verticale. Elle va du haut vers le bas. La solidarité est horizontale. Elle respecte l’autre personne. J’ai beaucoup de choses à apprendre des autres. » Eduardo Galeano

 

La charité peut être vue comme étant un acte de pitié et de sympathie, où des individus aident ceux qu’ils perçoivent comme étant moins fortunés sans pour autant mettre en question leurs propres intentions ou examiner les politiques et structures systémiques de la société qui avantagent certains groupes au détriment des autres. Est-ce que tu veux te sentir plus à l’aise avec toi-même ou est-ce que tu essaies d’aider à défaire les pratiques, les pensées et les actes injustes? La charité propose une dynamique du pouvoir où tu regardes vers le bas – et c’est très difficile d’aider sincèrement lorsqu’on est dans un tel poste de pouvoir.

 

En contraste, la solidarité est basée sur l’empathie et le soutien des autres. La solidarité comprend qu’il y a des histoires vécues qui sont injustes dans la vie de certains individus et de certains groupes. Puisque d’autres groupes ne font pas face aux mêmes dynamiques oppressantes, pour essayer d’aider quelqu’un il faut arriver avec une empathie sincère qui reconnaît que l’autre personne vit une injustice, et que c’est à elle de décider comment elle veut se faire aider – qu’il est important de lui donner une plateforme, le droit et la voix pour dicter les changements elle-même, plutôt que de parler à sa place.

 

Ces concepts sont de bonnes idées à avoir en tête pendant qu’on fait du bénévolat dans la communauté – quand nous travaillons en équipe et que nous faisons la rencontre de personnes différentes avec des expériences de vie différentes.

 

Travailler avec les communautés et pas pour elles

 

La charité est basée sur le fait que le donateur a l’expertise nécessaire pour déterminer les besoins du bénéficiaire et qu’il sait comment subvenir à ces besoins. La solidarité suppose que la communauté bénéficiaire est dans la meilleure position pour comprendre ses propres besoins et qu’elle a le droit de décider comment, quand, si elle veut un service et qui le fournit.

 

Dans un modèle solidaire, l’agenda est créé ensemble. Nous ne rentrons pas dans une communauté pour leur parler d’un projet de financement qui peut les aider. Nous nous asseyons ensemble pour découvrir quels sont les besoins urgents et pour construire de bonnes relations et c’est seulement après que les besoins de la communauté soient bien compris que nous allons chercher des ressources pour aider ces communautés.

 

Passer du service au soutien actif

 

La charité cherche souvent à améliorer les conditions dans lesquelles l’oppression a lieu, tandis que la solidarité cherche à mettre fin à l’oppression et aux systèmes oppressants en transformant les services fournis en soutien actif. Ce travail implique donc de plaidoyer pour une cause et changer les politiques nécessaires, sinon ce n’est que de la charité.

 

La solidarité demande de la patience parce que nous travaillons avec la communauté, pas juste pour elle. Créer de bonnes relations prend du temps, donc il ne faut pas être trop pressé. Il faut prendre le temps de faire partie de la communauté avant qu’on nous fasse confiance et qu’on nous raconte ce qui se passe vraiment. Il faut être reconnaissant pour l’accueil que nous recevons et faire ce que nous savons est nécessaire.

 

Références :

Voir les Ressources.

 

  1. 2.      L’accès :

 

Les ressources, les espaces physiques, les idées et les occasions sont souvent plus accessibles pour certaines personnes que pour d’autres. La JAC espère accommoder les capacités et (in)capacités liées aux corps, aux esprits, aux langues, au transport, à l’espace physique et au type d’activité autant que possible. Par conséquent, nous encourageons les demandes d’accommodement. Toute forme de travail volontaire, qu’il soit physique, émotionnel ou verbal est un acte de participation et nous espérons créer un environnement où les gens se sentent à l’aise de s’exprimer.

 

  1. 3.      Diversité :

 

Certains groupes de personnes ont toujours été priorisés et encouragés par rapport à d’autres et notre objectif est de critiquer cette réalité, projet par projet. Notre bût est de nous assurer que nos projets et nos environnements soient sécuritaires et confortables pour les personnes de toutes nationalités, orientations sexuelles, identités de genre et ethnicités. Nous espérons faire ceci sans pointer du doigt ou faire des généralisations sur un groupe ou un individu et en étant transparents sur comment les activités et le développement de la JAC respectent les participants différents et divers, ainsi que leurs expériences et connaissances.

 

Références :

Voir les Ressources.

 

  1. 4.      Éducation :

Notre objectif est de mettre au défi nos visions du monde, de se sensibiliser aux réalités des autres tout en comprenant mieux nos propres privilèges. Le privilège est un concept simple; c’est l’idée que certaines personnes doivent travailler beaucoup plus fort pour obtenir certaines choses que d’autres personnes. Essentiellement, nous voulons défier – à travers l’action et la réflexion – les barrières injustes qui nous divisent et penser aux difficultés différentes auxquelles des membres de nos communautés font face.

 

Références :

Voir les Ressources.

 

  1. 5.      Soutien et soins communautaires

 

À cause des injustices systématiques, des batailles personnelles, et des traumatismes vécus, un processus continu de guérison est nécessaire. La JAC espère faciliter des espaces physiques, émotionnels et mentaux où la vulnérabilité, la guérison et l’accommodement sont les bienvenus. Le soutien et les soins communautaires sont un objectif avec plusieurs désirs : que la gentillesse soit un standard de base, que les différences soient appréciées plutôt que simplement tolérées, et que le consentement, le souci des autres et les accommodements soient la norme.

 

Ceci part de l’idée que les personnes ont des expériences différentes et peuvent être marginalisées à cause d’identités contrastantes comme leur identité de genre, leur race, leur classe, leurs (in)capacités, leur orientation sexuelle, leur religion, leur caste, leur espèce, etc. Cette idée peut être résumée par le mot « multidimensionnalité », qui fut créé par Kimberlé Crenshaw en 1989.

 

Références :

Voir les Ressources.

 

  1. 6.      Local et communautaire

Nous croyons que notre capacité à générer un vrai changement commence avec nos communautés et nous-mêmes. Les politiques économiques et sociales ont un impact sur nos voisins et ce qui se passe dans notre cours et ne sont pas tout simplement une étude de cas dans un manuel ou pour des personnes dans des sociétés éloignées.

 

Références :

Voir les Ressources.

 

Ressources de la JAC

Allez plus loin que la JAC et explorez nos ressources grandissantes sur de nombreux enjeux qui ont un impact sur nos communautés et joignez-vous à des groupes à McGill et ailleurs qui abordent ces enjeux à travers l’éducation, l’action et le soutien communautaire. Choisissez un sujet, découvrez une nouvelle perspective, activez-vous et n’arrêtez jamais d’apprendre…

 

En tant que membres de la communauté de McGill et de Montréal, vos réflexions et vos perspectives sont les bienvenues. Si vous avez un organisme, un contact utile, de la recherche, un article, une vidéo, un podcast, etc. à nous suggérer, n’hésitez pas à le partager ici ou à envoyer un courriel à comms.sede@mcgill.ca

 

 

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